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Chronique de la Tête au carré

Sur #laTAC - Lombrics et Carte Routières


Que peut-on encore apprendre du cerveau ?

 

Les blogueurs sont comme tout le monde et en cette période de fêtes, ils préfèrent probablement réveillonner en famille et profiter de vacances bien méritées. Du coup la semaine dernière, ce qui a surtout pullulé sur la blogosphère scientifique, ce sont des vœux de bonnes fêtes, des rediffusions d’articles ou encore des listes récapitulant les diverses découvertes et évènements scientifiques qui ont ponctués l’année 2012. C’est pareil sur la blogosphère anglophone mais elle est si vaste que je vous y ai tout de même déniché quelques perles, comme cet article de Carl Zimmer, sur son blog The Loom, qui nous apprend qu’un labo a recruté de bien curieux laborantins pour la confection de nanoparticules luminescentes : des lombrics ! Cette équipe britannique cherchait en effet à synthétiser des nanomatériaux semiconducteurs, du Tellurure de Cadmium qui est constitué de métaux lourds. Les métaux lourds sont assez nocifs pour les animaux, mais les lombrics s’en accommodent très bien… Si bien d’ailleurs qu’il existe des stations dépolluantes qui utilisent les vers pour décontaminer des sols pollués au chlorure de cadmium et sodium de Tellure. Ces chercheurs ont eu l’intuition de vérifier comment les lombrics se débarrassent de ces métaux lourds. Et bien ceux-ci finissent combinés en ce fameux Tellurure de Cadmium… dans le tractus intestinal du lombric qui peuvent être employés comme de véritables petites fabriques de nanomatériaux. C’est une avancée étonnante dans le monde de la nanotechnologie et qui peut avoir des répercussions dans le monde médical car ces particules peuvent être couplées à des molécules ciblant des cellules cancéreuses qui deviendraient alors luminescentes et donc détectables. Ces résultats sont parus dans le dernier numéro de la revue Nature Nanotechnology.

Un autre billet paru sur le blog de Carl Zimmer pose une étrange question : est-ce que la supériorité masculine dans la gestion de l’espace constitue une adaptation évolutive ou bien un effet secondaire ? Bon alors les différences de capacités entre les sexes est toujours un sujet épineux parce qu’il faut prendre garde à ne pas confondre les différences qui sont dues au contexte culturel plutôt qu’au contexte biologique. Et bien pour la gestion spatiale, par exemple la navigation dans un labyrinthe ou la lecture d’une carte routière, il semble bien qu’on ait affaire à un effet biologique puisqu’il dépasse les frontières culturelles et s’étend même à de nombreuses espèces animales. Beaucoup pensent qu’il pourrait s’agir d’une adaptation évolutive acquise pour permettre aux mâles, plus nomades, de retrouver leur foyer. Une étude récente parue dans la revue « The Quarterly Review of Biology » propose un scénario alternatif fondé sur l’observation de cette différence chez 11 espèces animales. En effet, ce caractère est parfois présent chez des espèces où les mâles ne quittent jamais les femelles. Les auteurs de cette étude proposent que cet avantage de gestion spatiale peut en fait constituer un effet secondaire de la production de testostérone, au même titre que la propension à la calvitie ou aux poussées d’acné. C’est d’autant plus probable que des expériences réalisées sur des rats castrés montrent que ceux-ci se débrouillent moins bien dans un labyrinthe, sauf si on leur injecte de la testostérone !


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