Il y a quelques temps je vous avais parlé de la relation improbable entre poissons et oiseaux avec l’exemple de poissons lune qui vivent en sorte de symbiose avec des oiseaux marins. C’était surprenant parce qu’on a tendance à se représenter que les oiseaux sont les prédateurs des poissons. Et bien Pierre Barthélémy, sur son blog Passeur de Sciences, nous a dévoilé jeudi dernier que certains poissons étaient de redoutables prédateurs… de pigeons ! Alors certes, on connaissait des espèces de requins capables de chasser des albatros en mer, mais l’exemple déniché par Pierre Barthélémy est différent : ça se déroule en eaux douces, dans le Tarn pour être précis. Bon le poisson concerné appelé Silure glane, est quand même un sacré bestiau qui peut peser 65 kilos pour 2 mètres de long. C’est d’ailleurs le plus gros poisson d'eau douce d'Europe, qui n'est arrivé dans le Tarn qu'en 1983. Ce qui est particulièrement étonnant, c’est la méthode de chasse employée par le silure car certains, pour atteindre leur proie, n'hésitent pas à sortir plus de la moitié de leur corps de la rivière et à s'échouer sur les cailloux de la rive.


Il leur faut ensuite se tortiller pour retourner dans l'eau, avec ou sans prise, un peu à la manière des orques qui chassent le phoque (mais qui eux, peuvent respirer hors de l’eau). Le pigeon est devenu même un aliment de choix chez certains silures puisqu’il représente maintenant près de 80% de leur régime alimentaire! Cette chasse de jour représente un changement drastique de comportement par rapport aux silures d’autres contrées qui chassent d’ordinaire des petits poissons la nuit. Il s’agit certainement d’une adaptation comportementale à leur nouvel environnement. Les pigeons, eux, ne semblent pas encore avoir intégré le danger… des dents de la rivière !

 


L’intégralité de cette étude française est parue ce mercredi 5 Décembre dans la revue PLoS ONE.


Aujourd’hui, nous célébrons les 116 ans de la disparition d'Alfred Nobel et c’est le jour de la cérémonie officielle de remise des prix Nobel qui aura lieu à Stockholm et où seront honorés les lauréats en Physique, Chimie, Physiologie ou Médecine, Littérature et Sciences Economiques. A titre exceptionnel, les mathématiques seront également mises en valeur, à travers le prix Nobel en sciences économiques. Sur son fantastique blog Choux Romanesco, Vache qui rit et intégrales curvilignes, ElJj nous explique que l'économiste Alvin Roth et le mathématicien Lloyd Shapley vont être récompensés pour avoir trouvé des applications concrètes à des algorithmes mathématiques utilisés dans la branche de la théorie des jeux. L’article d’ElJJ intitulé ‘4 mariages et un Prix Nobel’ nous explique comment les travaux théoriques de Shapley sur l’assortiment optimal de couples ont pu être utilisés et modifiés par Roth pour des applications pragmatiques sur la répartition de médecins dans des hôpitaux, ou encore d’échanges entre donneurs d’organes et patients en attente d'une transplantation. C’est une lecture passionnante, avec des histoires de couples encore plus trépidantes que dans un soap-opera!

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