Les racines : la face cachée des plantes


Reconstitution de l'ancêtre de tous les mammifères placentaires, Carl Buell

Petite devinette : quel est le point commun entre un cheval, une chauve-souris, un lapin, un humain et une baleine ? Et bien ce sont tous des mammifères placentaires, c'est-à-dire que non seulement les femelles de ces animaux possèdent des glandes mammaires, mais à la différence des marsupiaux ou encore des ornithorynques, la gestation des bébés de ces femelles se fait au sein d’un placenta qui permet d’oxygéner et nourrir le bébé sans échanger de sang. Et bien si je vous ai posé cette devinette, c’est parce qu’un article qui vient d’être publié dans la revue Science, dresse le portrait-robot du dernier ancêtre commun de tous les mammifères placentaires. Alors c’est une étude très importante, mais complexe. Heureusement, des blogs scientifiques comme celui d’Ed Yong ou de Greg Mayer sont là pour clarifier la situation. On y apprend que pour réaliser ce portrait-robot, les chercheurs canadiens et américains n’ont pas découvert de nouveaux fossiles, mais ont en fait comparé plus de 4500 traits anatomiques sur 86 spécimens de mammifères placentaires : 46 mammifères actuels et 40 fossiles. Et grâce à cette comparaison, ils ont pu reconstruire, caractère par caractère, l’aspect morphologique de cet ancêtre : selon eux, il devait peser entre 6 et 245g, être insectivore, avoir 3 molaires sur chaque mâchoire, grimper aux arbres, ne donner qu’un bébé par portée qui naissait aveugle et glabre, et posséder des spermatozoïdes à tête plate. Plutôt détaillé, n’est-ce pas? La comparaison de toutes ces caractéristiques morphologiques leur a aussi permis de mieux comprendre l’émergence des grands groupes de mammifères placentaires et d’estimer la date de leur apparition. Ils ont conclu que ces groupes seraient apparus près de 200 000 ans après l’extinction des dinosaures. Ce dernier résultat, plus controversé, va à l’encontre d’études moléculaires parues cette dernière décennie qui proposaient de dater cet évènement 27 millions d’années plus tôt. Cela va donc nécessiter de nombreux travaux supplémentaires pour connaître le fin mot… de ce qui représente un peu notre histoire.


Les antennes du réseau de téléphonie mobile peuvent renseigner sur les précipitations traversées par les micro-ondes qu'elles relaient. 
Il n’y a pas que les chercheurs en écologie qui puissent mettre en garde contre des extinctions en masse. Guillaume Frasca sur son blog La Science Infuse nous apprend que les météorologues pleurent de plus en plus leurs pluviomètres qui sont en voie de disparition ! En France par exemple, 700 pluviomètres ont disparus depuis 2001. Certes on peut aussi utiliser des radars météorologiques mais ceux-ci sont très chers ! Or ces données pluviométriques sont essentielles pour l'agriculture et la prédiction du climat. Pour pallier à ce manque d’infrastructures, des météorologues hollandais ont utilisé le réseau des antennes de téléphonie mobile pour réaliser une cartographie en temps réel des précipitations dans leur pays. En effet, des ingénieurs avaient déjà constaté que la présence de gouttes entre deux antennes va diminuer le signal reçu selon des équations bien calibrées et en fonction de la fréquence utilisée. Cette technique pourra compenser l’absence de radars et de pluviomètres dans certaines régions du globe… si tant est que les compagnies de téléphonies mobiles acceptent de partager leurs données de niveau de signal reçu.



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