Y’a pas longtemps, vous aviez pu être surpris en découvrant sur SSAFT que la vidéo d’Alex Roman n’était constitué (pratiquement) que d’images de synthèse. Et bien cette semaine, je vous propose une surprise totalement opposée, car l’animation qui suit n’a pas été généré par ordinateur!
Et oui, faut être sacrément patient pour réaliser une telle œuvre! Une réalisation qui peut avoir un impact assez important sur le psychisme, à en juger par cette vidéo suivante:
J’dois avouer avoir cru à cette histoire émouvante, jusqu’à ce qu’il se mette à collecter des bouts de bois dans la rue. Pas mal comme second degré quand même!
Pour célébrer le fait que je sorte enfin la tête hors de l’eau, je vous propose de découvrir pourquoi, dans certains cas, il est bon de la garder sous la surface…
Bon dans ce cas précis, il s’agit de diverses méduses qu’on peut découvrir à travers les vitres de l’aquarium de Monterey Bay, en Californie…
Par contre, pour la vidéo qui suit, il faut avoir un sacré matériel pour observer cet impressionnant spécimen de siphonophore… qui nage à 1044 mètres de profondeur!
Comme nous le narre Dr. Phil Pugh, les siphonophores sont des créatures très délicates, et la plupart des spécimens étudiés par le monde scientifique sont remontés par filets et donc dans un piètre état quand ils arrivent à la surface… Les zoologistes se retrouvaient à devoir jouer à un énorme puzzle mou histoire de comprendre comment sont organisés ces bestioles. Et bien entendu, niveau observation comportementale, ça laissait un peu à désirer.
Heureusement, de nos jours, on peut utiliser des submersibles et se rendre compte à quel point ces organismes sont complexes. On a pu se rendre compte par exemple qu’il s’agit des plus grands animaux existant sur la planète (près de 40 mètres, ce qui est plus grand qu’une baleine bleue!), pouvant parfois vivre à des profondeurs de 1600 mètres. Mais ce qui est le plus trouducufiant, si vous me permettez l’expression, c’est qu’un siphonophore n’est pas un organisme en soit, mais une colonie d’organismes. Oui, oui, bien que morphologiquement très différents, les diverses parties d’un siphonophores sont composées d’unités répétées, de clones individuels spécialisés dans une fonction particulière, mais qui sont si dépendants les uns des autres que l’on ne peut les séparer de la colonie sans qu’ils meurent. C’est comme si vous vous mettiez à développer des clones de vous mêmes, toujours rattachés à votre corps, mais avec certains de ces clones ne portant que des jambes et donc spécialisés dans votre locomotion, et d’autre avec juste une bouche et un œsophage rattaché à votre intestin commun…On arrive ici à la frontière entre colonie et organisme… frontière que chacune de nos cellules a franchi pour donner un organisme entier, mais qui ne concerne pas totalement chacun des “zoïdes” qui composent le siphonophore… Curieux, non? Bon, challenge pour vous: si je reçois plus de trois commentaires me réclamant un article, je vous promets de parler plus en détail de ces étranges et funky créatures!
Et c’est tout pour aujourd’hui! Deux belles vidéos qui montrent qu’avoir la tête sous l’eau, c’est parfois pas si mal… Mais dans mon cas, je suis content de pouvoir enfin sortir la mienne, après trois semaines passées à écrire des demandes de financement pour pouvoir continuer mes recherches, et faire des réunions de labo où j’annonce que mes recherches ralentissent pour cause de demande de financement…
C’est moi où on dirait que les gars de OK GO sont passés sur mon site (et plus particulièrement ici et là) avant de concevoir le clip qui suit (ouh, le vilain nombriliste ce Taupo!):
Bon, ça n’empêche que ça reste impressionnant!
On voit qu’ils ont fait du chemin depuis leurs premiers clips et on espère qu’ils vont continuer dans leur lancée.
Pour moi, rien de tel qu’une illusion d’optique qui joue avec la perception de profondeur…
Et oui, notre cerveau est bien pourri! Pourquoi se casser la tronche à analyser correctement notre environnement pour en avoir une perception absolue. Mieux vaut faire des approximations et "tromper” nos perceptions, plutôt que de dépenser de l’énergie à obtenir une image fidèle à la réalité… Si la majorité du temps, notre cerveau perçoit des visages humains ayant un aspect convexe, ou des objets ayant un volume, pourquoi ne pas en faire une règle générale et percevoir tout en volume? Si en plus les ombres et lumières sont assez ressemblantes avec la situation qu’on observerait en temps normal, le cerveau capitule et voit ce qu’il veut. C’est l’une des preuves que notre vision est issue d’un processus interprétatif et pas seulement sensoriel… En témoigne les nombreux exemples avec un moule concave d’un visage humain.
Et si on peinturlure le tout, ça marche encore mieux!
Et ça marche avec les dragons aussi!
Et c’est encore le même principe qui rend cette empreinte du charmant pied de ma femme, très intrigante (l’empreinte… même si ma femme est aussi intrigante…)
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