Strange Stuff And Funky Things

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - espèces

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi, mai 26 2011

Le Top Ten des espèces Strange and Funky de 2010, Part I


Pour mon grand retour sur le blog, rien de tel qu'un petit Top Ten des espèces Strange and Funky découvertes en 2010. Vous vous en souvenez peut-être, on avait déjà parlé en 2009 sur SSAFT du Top Ten de l’IISE (International Institute for Species Exploration ou Institut International pour l’exploration des espèces) qui publie un Top 10 des espèces découvertes durant l’année. Alors à quoi ressemble le Top 10 des espèces 2011 (les espèces découvertes en 2010)? Et bien autant j’étais bien fier l’année dernière d’avoir couvert pas mal des créatures étranges découvertes en 2009, autant cette année… C’est la cata! Va falloir sérieusement bloguer l’année prochaine pour compenser… En attendant, voici la description de 5 premières espèces du Top Ten!

Top Ten de l'IISE
Alors Madame dans mon panier, je vous décris vite-fait ce qu’on va trouver: 2 ptits champi, un poisson pancake, 2 insectes croquants, une sangsue dodue, une araignée dans sa toile, un lézard de 2 mètres, une petite antilope, le tout saupoudrée d’une bactérie du Titanic! Vous vous en léchez les babines n’est-ce pas? Et est-ce qu’ils sont frais mes produits? Mais constatez Madame! Un arrivage direct des contrées représentées sur cette carte:


Voir Le Top 10 des nouvelles espèces 2011 dans une carte agrandie


Bon c’est pas le tout, passons au choses sérieuses avec une présentation de nos vedettes (5 pour commencer) en allant du plus petit au plus grand:

Halomonas titanicae

Halomonas titanicae, comme son joli nom l’indique, a été découverte sur l’épave rouillante du Titanic:

Epave du Titanic
A partir d’échantillons collectés sur le navire en 1991, Henrietta Mann et Bhavleen Kaur ont identifié, pour la première fois, cette bactérie appartenant à la famille des Halomonadaceae (famille comprenant la fameuse bactérie GFAJ-1 découverte par une chercheuse de la NASA qui prétend qu’elle peut employer de l’Arsenic à la place du Phosphore pour construire ses molécules d’ADN). Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une bactérie qui grignote volontiers la rouille et dont les représentants sont très rares à ces profondeurs (3,8 km quand même). Plusieurs équipes de chercheurs ont même remarqué que ces bactéries contribuaient à la disparition accélérée de l’épave. S’en suit une bataille à l’heure actuelle entre les partisans de l’éradication de cette bactérie pour préserver l’épave (et permettre des visites touristiques certainement lucratives…) et ceux de la préservation de la bactérie, notamment pour étudier son fonctionnement et son efficacité à dissoudre l’épave… Histoire de voir si l’on ne pourrait pas l’utiliser afin de digérer nos autres épaves dispersées à travers le monde…

Glomeremus orchidophilus
La découverte de la nouvelle espèce de criquet Glomeremus orchidophilus est la conséquence d’une recherche sur un tout autre sujet: celle de l’agent pollinisateur d’une orchidée rare de la Réunion: Angraecum cadetii. Pour découvrir l’identité de la bestiole qui participe à la reproduction d’Angraecum cadetii, Claire Micheneau et son équipe ont installé une caméra à infra-rouge pour observer la faune s’afférer sur la fleur. C’est sur une de ces vidéos que le coupable s’est dévoilé. L’équipe de chercheurs fut ainsi très surprise de découvrir un criquet d’environ 3cm de long, déambulant nonchalamment de fleur en fleur pour récupérer leur nectar. Non seulement, il s’agissait de la première fois qu’un criquet avait été observé en train de jouer le rôle d’un pollinisateur (généralement les criquets, les fleurs, ils les bouffent!), mais en plus, après un examen plus attentif de la bestiole, ils s’aperçurent que c’était une toute nouvelle espèce de criquet sur laquelle ils étaient tombés!


Saltoblattella montistabularis
“Encore un criquet?” me direz-vous après avoir rapidement regardé l’image ci-dessus: c’est que vous vous êtes fait berner par un cas d’école de convergence évolutive. Les longues pattes de cet insecte qui le font ressembler à une sauterelle ou un criquet, appartiennent en fait à une blatte: Saltoblattella montistabularis. Il s’avère que des blattes sauteuses ne sont pas inconnues des scientifiques. Cependant, la seule autre espèce décrite à ce jour, Skok svaba, est une espèce fossile de la fin du Jurassique. En plus, la comparaison entre Skok et Saltoblattella semble indiquer qu’elles ont toutes deux acquis leurs gros mollets indépendamment. Au final, deux convergences pour le prix d’une! Que demande le peuple!

Tyrannobdella rex
En voici une qui aurait fait une parfaite candidate pour figurer dans ma rubrique Freaky Friday Parasite:Tyrannobdella rex est une sangsue pouvant atteindre 7cm de long (d’où le jeu de mot trouvé pour son nom: T.rex). Le premier spécimen décrit a été prélevé sur une petite fille péruvienne de 9 ans qui se plaignait de maux de tête persistant depuis 2 semaines. A la manière d’un épisode de Dr. House, une équipe médicale menée par le Dr Renzo Arauco-Brown a correctement interprété les symptômes de la petite fille et retiré, non sans difficulté, la source de ses migraines: une jolie sangsue qui s’était logée dans sa narine droite…
Envoyée au sangsutologue (j’invente des mots si je veux) Mark Siddall, celui-ci a immédiatement reconnu la nouvelle espèce par certaines caractéristiques uniques: la présence d’une seule mâchoire (d’habitude ces sangsues en possèdent 3), garnie de 8 dents dignes d’un dinosaure!
Tyrannobdella rex appartient à la famille des sangsues praobdellidés qui sont connues pour leur mode de parasitage particulièrement désagréable puisqu’elles sont spécialisées dans la pénétration de tous nos orifices: cavités nasales, pharynx, anus, urètre et vagin… Un peu à la manière du poisson Candiru quoi! Et si vous y tenez, voici quelques clichés, ici et , pour vous convaincre de ne pas patauger sans précautions dans les lacs et rivières péruviennes… 

Mycena luxaeterna
Et pour finir notre trip des espèces psychédéliques de cette session, rien de tel qu’un ptit champi! Et attention, avec c’lui-ci, vous êtes garantis d’assurer en soirée. En effet, Mycena luxaeterna porte bien son nom car il s’agit d’une des 71 espèces de champignons bioluminescents (sur un nombre d’espèces estimées à 1,5 millions tout de même…). L’équipe de Dennis Desjardin qui a trouvé ce champignon dans les forêts vierges brésiliennes était partie spécifiquement à la recherche de champignons bioluminescents. Ils en sont ressortis victorieux (et encore vivants) avec 6 nouvelles espèces dans leurs paniers (dont Mycena luxaeterna qui est la plus lumineuse). Pour optimiser leurs chances de tomber sur ces champignons lumineux, cette équipe de chercheurs se déplaçaient dans la forêt vierge à chaque nouvelle lune… L’obscurité était si profonde qu’ils ne pouvaient discerner leurs mains à un centimètre de leurs visages. Mais près des champignons, le sol ressemblait alors à un ciel étoilé.

Faisons tout de même honneur aux autres espèces de champi-loupiottes qu’ils ont trouvé:

 

Mycena luxarboricola

Mycena luxarboricola

Mycena silvaelucens

Mycena silvaelucens (trouvé en Malaysie)

Mycena abieticola

Mycena abieticola

Mycena luxperpertua

Mycena luxperpertua

Mycena chlorophosMycena chlorophos (identifié au XIXème siècle au Japon)

Cette dernière espèce, identifiée au XIXème siècle, fut la première espèce de champignon bioluminescent décrite. Mais du coup, tous les champignons bioluminescents identifiés après furent nommés Mycena chlorophos. C’est le travail de l’équipe de Dennis Desjardin (qui porte quand même bien son nom le bougre) qui a permis de rectifier les classifications et restreindre cette espèce aux champignons poussant en Asie du Sud-Est.

Et nous voici arrivés à la fin de cette première partie. Suite la semaine prochaine!

Liens:
Article Why Evolution Is True
Article National Geographic
Article Not Exactly Rocket Science

Références:
Desjardin, D.E., B.A. Perry, D.J. Lodge, C.V. Stevani, and E. Nagasawa. 2010. Luminescent Mycena: new and noteworthy species. Mycologia 102(2):459- 477.
Sanchez-Porro, C., B. Kaur, H. Mann and A. Ventosa. 2010. Halomonas titanicae sp. nov., a halophilic bacterium isolated from the RMS Titanic. International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology 60(12):2768-2774.
Hugel, S., C. Micheneau, J. Fournel, B.H. Warren, A. Gauvin-Bialecki, T. Pailler, M.W. Chase and D. Strasberg. 2010. Glomeremus species from the Mascarene islands (Orthoptera, Gryllacrididae) with the description of the pollinator of an endemic orchid from the island of Réunion. Zootaxa 2545:58-68.
Phillips, A.J., R. Arauco-Brown, A. Oceguera-Figueroa, G.P. Gomez, M. Beltran, Y.-T. Lai and M.E. Siddall. 2010. Tyrannobdella rex n. gen. n. sp. and the evolutionary origins of mucosal leech infestations. PLoS ONE 5(4):e10057.
Bohn, H., M. Picker, K.-D. Klass and J. Colville. 2010. A jumping cockroach from South Africa, Saltoblattella montistabularis, gen. nov., spec. nov. (Blattodea: Blattellidae). Arthropod Systematics and Phylogeny 68(1):53-39.

Article Funky ou Article pourri ?
83%
17%
1424 vote(s)

- page 1 de 2